Un désordre vaut mieux qu’une injustice, par Gérard Condorcet

Gérard Condorcet
www.ecologie-radicale.org
          le dimanche  27 septembre 2009

            Un désordre vaut mieux qu’une injustice.
 
Par inclinaison, trop d’hommes suivent le cortège des vainqueurs, cachent dans leurs armoires des drapeaux de toutes les couleurs et pour tous les camps, composent avec les lobbies, les puissants du jour, les pouvoirs et émargent davantage à l’épuration d’après guerre  qu’à la résistance de la première heure.
 
Sans doute, faut-il un minimum de courage pour braver les conformismes, combattre les intérêts établis, déranger les dormeurs assoupis qui s’accommodent  au présent de ce qui les révulsera demain.
 
En 1832, le bon Victor HUGO, auteur entre autres de cette réflexion (Le gai chasseur armant son fusil et son piège confine à l’assassin et touche au sacrilège) publiait le Dernier Jour d’un condamné à Mort pour dénoncer l’assassinat judiciaire.
Il fallut 150 ans pour que cette conscience, servie par une forte plume, concrétise en loi une éthique ampathique.
 
Rares sont ces hommes phares qui se lèvent dans le troupeau grégaire pour montrer une route nouvelle et déboulonner des préjugés hérités.
 
Le pusillanime demeurera toujours attentiste, prudent, pondéré, consentant cinq minutes d’expression au génocideur et cinq minutes à sa victime.
 
Le pusillanime aime le « juste milieu », là où l’on est sûr de se tromper mais de ne rien risquer.
Même dans nos démocraties imparfaites, ces prudents veillent à ne pas s’exposer, à ne pas déplaire et à observer constamment une « obligation de réserve » qu’ils s’assignent comme  devoir de lâcheté.
 
Ils savent que l’injustice, la cruauté, le mépris sévissent dans la société mais l’instinct de conservation de leurs petits intérêts les poussent inexorablement à la complicité silencieuse.
 
Or, nous ne sommes  pas sortis de l’Histoire puisque la violence est faite quotidiennement à tant d’humains sur la planète et aux autres animaux, êtres sensibles qui doivent accéder à notre compassion.
Cette violence est intolérable, qu’elle affecte le prisonnier français réduit à la promiscuité dégradante, le courageux blasphémateur des téhocraties, la femme insoumise des régimes médiévaux, le libertaire chinois ou l’ours pyrénéen.
Ne pas crier sa révolte et son refus, admettre l’ordre établi en ce qu’il comporte d’inique et de criminel confinent à la complicité morale.
Pour construire une société hédoniste altruiste, fondée sur la quête du plaisir pour soi-même à condition qu’il passe par le plaisir d’autrui, il faut adopter un comportement radicalement révolutionnaire, non pas  dans l’acception du 19ème siècle avec barricades de pavés glorieux, non pas en attendant que les masses anesthésiées et abruties par « leur télévision » se dressent en un grand soir lumineux, mais immédiatement, en vivant en hédoniste altruiste.
 
Refusons sans délai, sans faiblesse, la société du mépris du vivant.
Refusons toute complaisance envers ce qui tue, détruit, enlaidit, endolorit le monde.
Refusons de voir l’écologie, éthique nouvelle du respect du vivant, s’avachir en un environnementalisme de pacotille, fioriture pour discours politicien.
Refusons notre concours à la capitulation du cœur et de la raison au profit d’une ignorance confortable des crimes de notre temps.
 

   Gérard  CONDORCET
CONVENTION VIE ET NATURE POUR UNE ECOLOGIE RADICALE.


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